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WHA72.16

WHA72
WHA72.16 Systèmes de soins d'urgence en vue de la réalisation de la couverture sanitaire universelle : assurer des soins rapides pour les personnes gravement malades ou blessées 1
La Soixante-Douzième Assemblée mondiale de la Santé,
Ayant examiné le rapport intitulé « Systèmes de soins d'urgence en vue de la réalisation de la couverture sanitaire universelle : assurer des soins rapides pour les personnes gravement malades ou blessées » ; 2
Notant qu'il est important d'organiser le système de santé dans son ensemble, notamment en faisant la distinction entre les services et les soins différés, les services et les soins non différés, et les services et les soins d'urgence en vue de répondre aux besoins sanitaires des populations de manière durable, efficace et appropriée ;
Sachant que de nombreuses interventions sanitaires qui ont fait leurs preuves dépendent du facteur temps et que les soins d'urgence sont une plateforme intégrée permettant de fournir sans délai des services de soins de santé accessibles et de qualité en cas de maladie ou de traumatisme grave à toutes les étapes de la vie ;
Soulignant que la rapidité d'exécution est une composante essentielle de la qualité et que des millions de décès et de handicaps de longue durée dus à des traumatismes, des infections, des troubles mentaux et d'autres problèmes de santé mentale, des poussées aiguës de maladies non transmissibles, des complications graves de la grossesse et d'autres situations d'urgence peuvent être évités chaque année s'il existe des services de soins d'urgence et si les patients y parviennent à temps ;
Notant qu'à eux seuls, les traumatismes sont responsables de près de cinq millions de décès chaque année et que les traumatismes dus aux accidents de la route sont la principale cause de mortalité chez les 5‑29 ans ; 3
Notant également que les soins d'urgence constituent un élément essentiel de la prestation de services dans les systèmes de santé et que des services d'urgence bien conçus favorisent le dépistage rapide, l'administration des traitements et, s'il y a lieu, la poursuite de ceux‑ci pour les personnes gravement malades au niveau adéquat du système de santé ;
Prenant acte de l' objectif 3 de développement durable (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge) et  considérant que des soins d'urgence bien organisés, sûrs et de grande qualité constituent un mécanisme essentiel pour atteindre une série de cibles associées, notamment en matière de couverture sanitaire universelle, de sécurité routière, de santé de la mère et de l'enfant, de maladies non transmissibles, de santé mentale et de maladies infectieuses ;
Prenant acte, en outre, des objectifs de développement durable 11 ( Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables) et 16 ( Promouvoir l'avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l'accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous), et  notant qu'un système de soins d'urgence de base, solide et bien préparé est essentiel pour atténuer l'impact des catastrophes et des événements faisant de nombreuses victimes, et pour être en mesure de continuer à dispenser des services de santé en situation précaire et dans les zones de conflit ;
Rappelant les résolutions WHA56.24 (2003) sur la mise en œuvre des recommandations du Rapport mondial sur la violence et la santé, WHA57.10 (2004) sur la sécurité routière et la santé (reprise par la résolution 72/271 (2018) de l' Assemblée générale des Nations Unies sur l'amélioration de la sécurité routière mondiale), WHA60.22 (2007) intitulée « Systèmes de santé : systèmes de soins d'urgence », WHA64.10 (2011) sur le renforcement au niveau national des capacités de gestion des urgences sanitaires et des catastrophes et de la résilience des systèmes de santé, WHA66.8 (2013) sur le Plan d'action global pour la santé mentale 2013‑2020, WHA68.15 (2015) intitulée « Développer les soins chirurgicaux d'urgence, les soins chirurgicaux essentiels et l'anesthésie en tant que composantes de la couverture sanitaire universelle » et WHA69.1 (2016) intitulée « Renforcer les fonctions essentielles de santé publique pour contribuer à l'instauration de la couverture sanitaire universelle », dans lesquelles l' Assemblée de la Santé a accordé la priorité aux modèles de prestation intégrée des services et a établi que le manque d'accès à des soins d'urgence en temps opportun causait des problèmes de santé publique graves et nombreux ;
Rappelant également le mandat du treizième programme général de travail, 2019-2023 de l' OMS, à savoir améliorer la prestation intégrée des services et servir en particulier les populations les plus défavorisées, marginalisées et difficiles à atteindre, pour que personne ne soit laissé de côté ; 4
Notant que l'accès non discriminatoire de toutes les personnes qui ont besoin de soins en temps opportun dans le cadre de services de soins d'urgence bien organisés, sûrs et de grande qualité peut contribuer à réduire les inégalités en matière de santé ;
Notant en outre que dans de nombreux pays le système de soins d'urgence constitue le principal filet de sécurité du système de santé et le principal point d'accès aux services de santé, en particulier pour les populations marginalisées, ce qui participe d'une utilisation non optimale des ressources du système de santé ;
Constatant que l'absence de soins d'urgence organisés dans de nombreux pays entraîne, à l'échelle mondiale, d'importantes disparités quant à l'issue de l'ensemble des situations d'urgence ;
Notant qu'un grand nombre d'interventions de soins d'urgence sont à la fois efficaces et d'un bon rapport coût/efficacité, et que la prestation intégrée de soins d'urgence peut sauver des vies et maximiser l'impact dans l'ensemble du système de santé ;
Préoccupée par le fait que le manque d'investissements dans les soins d'urgence de première ligne nuit à l'efficacité, limite l'impact et fait augmenter les coûts dans d'autres composantes du système de santé ;
Sachant que les agents de santé de première ligne, et le personnel infirmier en particulier, dispensent des soins aux personnes gravement malades ou blessées, souvent sans avoir reçu de formation spécialisée à la gestion des situations d'urgence et en ayant des possibilités limitées de consultations ;
Notant que, pour améliorer les résultats, il faut connaître l'utilisation potentielle et réelle des soins d'urgence, et que les données existantes ne fournissent pas la base adéquate pour une bonne planification et une affectation judicieuse des ressources dans le domaine des soins d'urgence ;
Considérant que l' OMS dispose d'une série de documents d'orientation qui aident les décideurs, les planificateurs et les administrateurs à élaborer les plans d'action les mieux adaptés à la situation de leur pays, ainsi que d'instruments de formation, de normes pour les services de soins d'urgence essentiels et de ressources à chaque niveau du système de santé,
1.
DEMANDE que des efforts supplémentaires soient consentis rapidement à l'échelle mondiale pour renforcer la prestation de soins d'urgence dans le cadre de la couverture sanitaire universelle de façon à garantir que les services de soins de santé susceptibles de sauver des vies sont fournis de manière efficace et en temps opportun aux personnes qui en ont besoin ; 5
2.
INVITE INSTAMMENT les États Membres : 6
1)
à mettre en place des politiques pour un financement pérenne et une gouvernance efficace de soins d'urgence sûrs, de grande qualité, fondés sur les besoins et universellement accessibles, en dehors de toute considération socioculturelle, sans exiger de paiement préalable, et dans un système général de santé offrant des soins et des services essentiels de qualité, ainsi qu'une protection contre le risque financier au titre de la couverture sanitaire universelle ;
2)
le cas échéant, à faire des évaluations volontaires à l'aide de l'outil d'évaluation des systèmes de soins d'urgence mis au point par l' OMS afin de repérer les lacunes et de définir les mesures prioritaires en fonction du contexte ;
3)
à œuvrer, aux niveaux de gouvernance appropriés, en faveur de l'inclusion des soins courants prodigués dans les unités d'urgence hospitalières et préhospitalières dans les stratégies sanitaires, de même que dans d'autres documents de planification pertinents, par exemple les plans d'intervention d'urgence et les plans relatifs aux services d'obstétrique et de chirurgie, ou de promouvoir cette inclusion ;
4)
à mettre sur pied un mécanisme de gouvernance, adapté à la situation du pays, pour la coordination des services de soins d'urgence préhospitaliers et hospitaliers courants, notamment en nouant des liens avec d'autres acteurs concernés pour la préparation et l'intervention en cas de catastrophe et d'épidémie, et en incluant la capacité du personnel d'autres secteurs ;
5)
à mettre en avant des approches plus cohérentes et inclusives pour préserver les systèmes de soins d'urgence efficaces en tant que piliers de la couverture sanitaire universelle dans les situations précaires et les zones de conflit, afin de dispenser les services de santé essentiels et d'assurer les fonctions de santé publique, ainsi que d'en garantir la continuité, conformément aux principes humanitaires ;
6)
à promouvoir comme il conviendra, en fonction du niveau des services de soins de santé en partant du niveau le plus bas, la mise en place d'une unité ou d'un lieu spécialisé assurant les services et les soins d'urgence et disposant de l'équipement et des capacités nécessaires pour la prise en charge et le diagnostic ;
7)
à promouvoir l'accès de tous à des soins préhospitaliers en temps opportun, en utilisant des systèmes informels ou officiels, en fonction des ressources disponibles, notamment en instaurant, là où il n'en existe pas, des numéros de téléphone gratuits, accessibles à tous et conformes aux normes internationales ;
8)
à appliquer les procédures et protocoles clés, tels qu'ils sont définis dans les lignes directrices de l' OMS sur les soins d'urgence, comme le triage et les listes de vérification, 7 le cas échéant;
9)
à dispenser une formation spécialisée à la prise en charge des cas urgents à toutes les catégories de personnel de santé concernées, notamment en concevant des programmes de formation universitaire supérieure pour les médecins et le personnel infirmier, en formant les prestataires de soins de première ligne aux soins d'urgence de base, en intégrant une formation aux soins d'urgence dans les programmes d'études de premier cycle du personnel infirmier et des médecins, et en établissant des procédures de certification pour les prestataires de soins préhospitaliers, selon qu'il conviendra dans le contexte national ;
10)
à sensibiliser les communautés et à renforcer leur capacité de gérer les situations d'urgence, notamment par des campagnes et par la formation aux pratiques normalisées dans l'ensemble des établissements d'enseignement et sur l'ensemble des lieux de travail, tout en adaptant ces pratiques aux populations visées, afin que celles-ci soient en mesure de reconnaître les urgences potentielles, d'en atténuer les conséquences et d'orienter les cas vers des services spécialisés ;
11)
à appliquer des mécanismes de collecte normalisée de données afin de déterminer la charge locale des maladies aiguës et de trouver des mécanismes performants pour améliorer la coordination, la sécurité et la qualité des soins d'urgence ;
12)
à appuyer les efforts visant à garantir, en fonction des risques au niveau local, que les unités d'urgence hospitalières et préhospitalières disposent de plans pour protéger les prestataires de soins, les patients et les infrastructures contre les actes de violence, de même que pour protéger les prestataires de soins et les patients contre toute discrimination, et qu'elles aient des protocoles clairs pour la prévention et la prise en charge des expositions dangereuses ;
3.
PRIE le Directeur général :
1)
d'accroître la capacité de l' OMS à tous les niveaux de fournir les orientations techniques et l'aide nécessaires aux États Membres et aux autres acteurs concernés qui s'emploient à renforcer les systèmes de soins d'urgence, notamment dans le but de garantir la préparation dans tous les contextes pertinents ;
2)
d'encourager les réseaux, les partenariats et les plans d'action multisectoriels, et de faciliter la collaboration entre les États Membres afin d'appuyer la diffusion et l'application effectives des meilleures pratiques en matière de soins d'urgence ;
3)
de promouvoir l'accès équitable et non discriminatoire à des services de soins d'urgence sûrs et de qualité pour tous dans le cadre de la couverture sanitaire universelle ;
4)
de renouveler les efforts prescrits dans la résolution WHA60.22 dans le but de fournir un appui aux États Membres, à leur demande , pour ce qui concerne l'évaluation des besoins, l'inspection des établissements, les programmes d'amélioration de la qualité et de la sécurité, l'examen des textes de loi et toutes autres mesures destinées à renforcer la prestation de soins d'urgence ;
5)
d'appuyer les États Membres afin qu'ils développent leurs capacités administratives, cliniques et en matière d'élaboration de politiques dans le domaine des soins d'urgence, en mettant à leur disposition des options stratégiques et des orientations techniques, assorties de stratégies et de supports pédagogiques destinés aux prestataires de soins et aux planificateurs ;
6)
de renforcer la base de connaissances sur les soins d'urgence en encourageant les recherches sur la charge des maladies aiguës et la prestation de soins d'urgence, ainsi qu'en fournissant des outils, des protocoles, des indicateurs et d'autres normes nécessaires pour faciliter la collecte et l'analyse de données, notamment sur le rapport coût/efficacité ;
7)
de faciliter la sensibilisation et la mobilisation des ressources internationales et nationales, conformément au Programme d'action d'Addis-Abeba issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, 8 en mettant à disposition des moyens de sensibilisation ;
8)
de faire rapport à la Soixante-Quatorzième Assemblée mondiale de la Santé en 2021 sur les progrès accomplis dans l'application de la présente résolution.
( Septième séance plénière, 28 mai 2019Commission B, quatrième rapport)
Voir à l'annexe 9 les incidences financières et administratives que cette résolution aura pour le Secrétariat.
Document A72/31.
Global Health Estimates 2016 : deaths by cause, age, sex, by country and by region, 2000-2016. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2018.
Treizième programme général de travail, 2019-2023 (figurant dans le document A71/4 et adopté dans la résolution WHA71.1 (2018)).
Voir Emergency and trauma care [site Web]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2019 (https://www.who.int/emergencycare/en/, consulté le 20 mai 2019).
Et, le cas échéant, les organisations d'intégration économique régionale.
Voir Emergency and trauma care [site Web]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2019 ( https://www.who.int/emergencycare/en/, consulté le 20 mai 2019).
Résolution 69/313 (2015) de l'Assemblée Générale des Nations Unies.
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