WHA78.5
WHA78
WHA78.5
{{markedPurpose_0}} une approche intégrée de la santé respiratoire et en faire une priorité1
La Soixante-Dix-Huitième Assemblée mondiale de la Santé,
Ayant examiné le rapport de synthèse du Directeur général ;2
Notant avec une profonde inquiétude qu'en 2021, les maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles, dont la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), figuraient parmi les principales causes de mortalité, ayant entraîné plus de 18 millions de décès dans le monde ;
Mesurant l'importance cruciale que revêt la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles qui touchent les poumons, notamment la tuberculose, la pneumonie, la grippe, la COVID-19, la bronchopneumopathie chronique obstructive, la fibrose pulmonaire, l'asthme et le cancer du poumon, et la nécessité de renforcer les soins de santé primaires dans le cadre d'une approche intégrée visant à instaurer la couverture sanitaire universelle ; et
constatant que les facteurs de risque sont souvent les mêmes pour les maladies pulmonaires et d'autres maladies non transmissibles, ce qui impose une approche de prévention horizontale ;
Soulignant l'importance de mesures complètes de lutte anti-infectieuse pour réduire le risque de transmission de la tuberculose, de la COVID-19, de la pneumonie et d'autres maladies infectieuses transmises par voie aérienne, en particulier dans les milieux à forte charge de morbidité et à faible revenu ; et considérant qu'il est essentiel de s'attaquer aux facteurs de risque et aux déterminants de ces maladies, notamment des conditions de vie médiocres, des logements surpeuplés et une mauvaise ventilation ;
Constatant que la pollution de l'air intérieur et extérieur, dont les causes profondes sont essentiellement de nature socioéconomique3 et qui présente un lien avec les déterminants sociaux et environnementaux de la santé, constitue l'un des principaux facteurs de risque de maladies pulmonaires,4 en particulier dans les pays en développement qui sont touchés de manière disproportionnée, et mesurant la nécessité d'une collaboration et d'une action multisectorielles pour promouvoir la santé respiratoire, prévenir les nouveaux cas de maladie et limiter les exacerbations d'affections respiratoires ;
Considérant que l'exposition au radon est l'une des principales causes de cancer du poumon après le tabagisme dans les pays pour lesquels des données sont disponibles, et constatant l'insuffisance des mesures de prévention et d'atténuation de l'exposition au radon, ainsi que la faible sensibilisation du public aux risques liés au radon ;
Rappelant que plus de 45 % des décès liés au tabac sont dus à des maladies pulmonaires, soit au total 3,3 millions de décès en 2021,5 et sachant que l'exposition à la fumée secondaire provoque des cancers et que les aérosols produits par le vapotage peuvent être nocifs pour la santé respiratoire, ce qui souligne l'importance des services de soins primaires pour la prévention du tabagisme, en particulier la lutte contre le tabac et le vapotage ;
Notant que les expositions sur le lieu de travail contribuent de manière substantielle à la charge des maladies respiratoires infectieuses et chroniques ;
Constatant l'impact qu'a la stigmatisation associée au cancer du poumon, à la tuberculose et à la bronchopneumopathie chronique obstructive sur la détection précoce et l'accès au traitement, et prenant acte des progrès réalisés dans le dépistage des maladies pulmonaires et de l'efficacité de ce dépistage pour réduire les taux de mortalité dans les populations à haut risque ;
Rappelant la résolution 74/2 (2019) de l'Assemblée générale des Nations Unies, dans laquelle l'Assemblée générale s'engage à intensifier la lutte contre les maladies non transmissibles dans le cadre de la couverture sanitaire universelle, la Déclaration politique de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles,6 la déclaration politique de la troisième réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles de 2018,7 dans laquelle l'Assemblée réaffirme que c'est aux gouvernements qu'il incombe au premier chef de relever le défi que représentent les maladies non transmissibles en élaborant des ripostes nationales multisectorielles et participatives adaptées en vue de la prévention et de la maîtrise de ces maladies, et la Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé (2011), dans laquelle les inégalités en matière de santé sont considérées comme un facteur important des maladies respiratoires ;
Prenant acte de la résolution WHA72.2 (2019) relative aux soins de santé primaires, dans laquelle l'Assemblée de la Santé
invite instamment les États Membres à concrétiser les engagements de la Déclaration d'Astana, de la résolution WHA60.26 (2007) sur le Plan d'action mondial pour la santé des travailleurs, dans laquelle les États Membres sont instamment invités à faire en sorte que l'ensemble des travailleuses et travailleurs soient couverts par les interventions essentielles et les services de médecine du travail de base aux fins de prévention primaire des maladies et traumatismes d'origine professionnelle, et des progrès significatifs accomplis dans la mise en œuvre du Plan d'action mondial de l'OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020, approuvé par l'Assemblée de la Santé dans la résolution WHA66.10 (2013), notamment la mise à jour de 2022 de l'appendice 3 du Plan d'action mondial, approuvée par l'Assemblée de la Santé dans la décision WHA76(9) (2023), et la feuille de route associée pour la mise en œuvre entre 2023 et 2030, adoptée dans la décision WHA75(11) (2022), ainsi que la Stratégie mondiale OMS sur la santé, l'environnement et les changements climatiques, dont il est pris note dans la décision WHA72(9) (2019), la résolution WHA68.8 (2015) intitulée « Santé et environnement : agir face aux conséquences sanitaires de la pollution de l'air » et sa feuille de route, dont l'Assemblée de la Santé a pris note avec satisfaction dans sa décision WHA69(11) (2016), et la résolution WHA70.12 (2017) sur la lutte contre le cancer dans le cadre d'une approche intégrée ;
Rappelant la résolution WHA71.3 (2018) sur la préparation de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale pour mettre fin à la tuberculose, par laquelle a été réaffirmé l'engagement de mettre fin à l'épidémie de tuberculose à l'horizon 2030, et la Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau sur la lutte contre la tuberculose (2023) qui en a résulté,8 ainsi que la résolution WHA67.1 (2014) sur la Stratégie mondiale et les cibles pour la prévention de la tuberculose, les soins et la lutte après 2015, qui a fixé des cibles ambitieuses de réduction de l'incidence de la tuberculose et de la mortalité associée ; et soulignant l'importance que revêt le cadre de responsabilisation multisectoriel de l'OMS pour la lutte contre la tuberculose en vue de permettre l'accès universel à des services de qualité et de combattre tous les moteurs et déterminants de la tuberculose, tels que la pauvreté, les inégalités, la dénutrition, l'infection à VIH, les maladies non transmissibles et les conditions de vie et de logement inadéquates, en tant que partie intégrante du programme de couverture sanitaire universelle, y compris dans le cadre des situations d'urgence sanitaire et humanitaire ;
Rappelant également la résolution WHA76.5 (2023) sur le renforcement des capacités en matière d'outils de diagnostic, la résolution WHA72.8 (2019) intitulée « Améliorer la transparence des marchés de médicaments, de vaccins et d'autres produits sanitaires », la Stratégie et le plan d'action mondiaux pour la santé publique, l'innovation et la propriété intellectuelle adoptés par l'Assemblée de la Santé dans la résolution WHA61.21 (2008) et la résolution WHA67.22 (2014) sur l'accès aux médicaments essentiels ;
Réaffirmant la résolution WHA73.1 (2020) sur la riposte à la COVID-19, qui souligne la nécessité d'un accès équitable à des produits de diagnostic, à des traitements, à des médicaments et à des vaccins de qualité, sûrs, efficaces et abordables pour la riposte à la COVID-19, conformément aux dispositions des traités internationaux pertinents, y compris les dispositions de l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Accord sur les ADPIC) et les flexibilités énoncées dans la Déclaration de Doha sur l'Accord sur les ADPIC et la santé publique ;
Prenant note de la résolution WHA72.6 (2019) sur l'action mondiale pour la sécurité des patients, qui joue un rôle crucial pour la prise en charge des maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles ;
Rappelant la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac et réaffirmant les principes des soins de santé primaires comme éléments de base pour renforcer les systèmes de santé ;
S'appuyant sur le succès des approches intégrées de prise en charge des maladies, y compris les instruments de l'OMS existants tels que l'approche pratique de la santé respiratoire, l'ensemble des interventions essentielles de l'OMS pour lutter contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires et la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant pour améliorer les résultats en matière de santé, et sur les possibilités qui en résultent pour les programmes intégrés de santé respiratoire,
1.
INVITE INSTAMMENT les États Membres,9 selon leur situation et leurs priorités nationales et conformément aux politiques pertinentes en matière de lutte contre les maladies pulmonaires transmissibles, non transmissibles et professionnelles :
1)
à élaborer une politique nationale de mise en œuvre d'une approche intégrée de la santé respiratoire, portant à la fois sur les maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles, dans le cadre d'une collaboration multisectorielle et pluridisciplinaire associant l'ensemble des pouvoirs publics et mobilisant toute la société, en veillant à la participation de tous les secteurs concernés, notamment la santé, l'environnement, le travail, l'éducation et les finances ;
2)
à incorporer une approche intégrée de la santé respiratoire dans les services de soins primaires en vue de la réalisation de la couverture sanitaire universelle, y compris des services complets de santé respiratoire, avec des mécanismes efficaces d'orientation vers les services de soins secondaires et tertiaires, le cas échéant ;
3)
à mieux sensibiliser aux effets de la pollution atmosphérique sur la santé et à renforcer les capacités de contrôle de la qualité de l'air et les normes nationales en la matière ;
4)
à élaborer et à faire appliquer des réglementations adéquates pour protéger les travailleuses et travailleurs contre les facteurs de risque professionnels ayant une incidence sur la santé respiratoire ;
5)
à renforcer les programmes existants de santé respiratoire fondés sur une approche intégrée, ou à en établir de nouveaux, notamment :
a)
en renforçant les services de promotion de la santé et de prévention primaire – en particulier la lutte contre le tabagisme et le vapotage et la réduction de l'exposition à la pollution de l'air intérieur et extérieur – et les programmes de vaccination contre les infections respiratoires évitables ;
b)
en actualisant ou en élaborant des lignes directrices cliniques et de santé publique fondées sur des données probantes pour la mise en œuvre de mesures d'un bon rapport coût/efficacité pour la détection précoce, le diagnostic et le traitement des maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles, y compris l'utilisation de technologies innovantes ;
c)
en actualisant ou en mettant au point des mécanismes d'information fondés sur des données probantes pour l'élaboration des politiques, le suivi et l'évaluation des programmes et l'apprentissage ;
6)
à renforcer les capacités nationales pour la mise en œuvre d'une approche intégrée de la santé respiratoire, en envisageant d'adapter les outils existants de l'OMS fondés sur des données probantes afin de mettre en place un ensemble d'interventions intégrées de santé respiratoire, fondées sur des données probantes et d'un bon rapport coût/efficacité, qui soient adaptées à l'ensemble des patients et patientes en fonction de leurs besoins personnels ;
7)
à faciliter l'accès à des médicaments, vaccins et technologies de la santé sûrs, efficaces et de qualité et à en améliorer l'accessibilité financière et la disponibilité, en s'appuyant sur la Liste modèle OMS des médicaments essentiels et la Liste modèle OMS des dispositifs de diagnostic in vitro essentiels et en accordant une attention particulière au rapport coût/efficacité, à l'allocation durable des ressources et à la nécessité d'adopter des approches fondées sur des données probantes, notamment en renforçant les capacités nationales et en mettant l'accent sur l'instauration de systèmes de réglementation efficaces, de capacités de fabrication et/ou de stratégies et politiques d'achat visant à garantir des prix équitables afin de lutter contre les maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles telles que la tuberculose, la pneumonie, la grippe, la COVID-19, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l'asthme, la fibrose pulmonaire et le cancer du poumon ;
2.
PRIE le Directeur général :
1)
de recenser les stratégies, les feuilles de route et les instruments et travaux normatifs existants de l'OMS portant sur les affections pulmonaires et les facteurs de risque pertinents, contribuant ainsi à élaborer une approche intégrée de la santé respiratoire et à identifier les lacunes et les besoins actuels en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de réadaptation, pour les maladies transmissibles et non transmissibles ;
2)
de rédiger un rapport initial contenant des recommandations et des éléments clés pour continuer de renforcer l'approche intégrée de la santé respiratoire, d'examiner les mesures susceptibles d'améliorer la mise en œuvre des stratégies et des plans existants dans le cadre d'une approche intégrée de la santé respiratoire et d'envisager de nouvelles initiatives, y compris un cadre de suivi de la mise en œuvre de ces stratégies, plans et nouvelles propositions assorti d'objectifs clairs et mesurables, en concertation avec les États Membres et d'autres parties prenantes concernées, conformément au Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques, selon qu'il convient, et de soumettre ce rapport pour examen à la Quatre-Vingtième Assemblée mondiale de la Santé en 2027 ;
3)
de collaborer avec les parties prenantes concernées, conformément au Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques, selon qu'il convient, afin de mobiliser les acteurs et les ressources nécessaires, de renforcer les capacités et d'encourager les activités de recherche participative sur l'approche intégrée de la santé respiratoire ;
4)
d'apporter un soutien aux États Membres pour qu'ils renforcent leurs systèmes de soins de santé primaires en vue de fournir de manière efficace des services intégrés de santé respiratoire et d'améliorer la couverture sanitaire universelle, en favorisant une approche de la santé respiratoire fondée sur le parcours de vie ;
5)
de renforcer la capacité du Secrétariat à appuyer la mise en œuvre d'interventions d'un bon rapport coût/efficacité et de modèles de soins adaptés aux pays pour les maladies pulmonaires transmissibles et non transmissibles telles que la tuberculose, la pneumonie, la grippe, la COVID-19, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l'asthme, la fibrose pulmonaire et le cancer du poumon ;
6)
de faire rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la présente résolution à la Quatre-Vingtième Assemblée mondiale de la Santé en 2027 et à la Quatre-Vingt-Unième Assemblée mondiale de la Santé en 2028.
(Septième séance plénière, 27 mai 2025 – Commission A, quatrième
rapport)
Voir à l'annexe 5 les incidences financières et administratives que cette résolution aura pour le Secrétariat.
Document A78/4.
Voir la résolution WHA68.8 (2015).
WHO ambient air quality database, 2022 update : status report. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2023 (consulté le 26 février 2025).
Institute for Health Metrics and Evaluation. Global Burden of Disease study, 2021 data (consulté le 26 février 2025).
Résolution 66/2 (2011) de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Résolution 73/2 (2018) de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Résolution 78/5 (2023) de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Et, le cas échéant, les organisations d'intégration économique régionale.
Search