WHA58.26
WHA58
WHA58.26
Problèmes de santé publique provoqués par l'usage nocif de l'alcool
La Cinquante-Huitième
Assemblée mondiale de la Santé,
Ayant examiné le rapport sur les problèmes de santé publique provoqués par l'usage nocif de l'alcool ;
1
Réaffirmant les résolutions
WHA32.40 sur le développement du programme de l'
OMS relatif aux problèmes liés à la consommation d'alcool,
WHA36.12 sur la consommation d'alcool et les problèmes liés à l'alcool : élaboration de politiques et de programmes nationaux,
WHA42.20 sur la lutte contre l'abus des drogues et de l'alcool,
WHA55.10 sur la santé mentale : répondre à l'appel lancé,
WHA57.10 sur la sécurité routière et la santé,
WHA57.16 sur la promotion de la santé et les modes de vie sains et
WHA57.17 sur la stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé ;
Rappelant le
Rapport sur la santé dans le monde, 2002,
2 dans lequel il est indiqué que 4 % de la charge de morbidité et 3,2 % de l'ensemble des décès dans le monde sont imputés à l'alcool et que l'alcool est le premier facteur de risque pour la santé dans les pays en développement à faible taux de mortalité et le troisième dans les pays développés;
Reconnaissant que les modes de consommation d'alcool, le contexte et la quantité totale consommée influencent la santé de la population dans son ensemble et que l'usage nocif de l'alcool compte parmi les principales causes sous-jacentes de maladie, de traumatisme, de violence – en particulier de violence familiale contre les femmes et les enfants –, d'incapacité, de problèmes sociaux et de décès prématurés, est associé à des problèmes de santé mentale, a de graves conséquences sur le bien-être des individus, des familles, des communautés et de la société en général, et contribue aux inégalités sociales et sanitaires ;
Soulignant que la consommation d'alcool risque de causer des dommages en particulier dans le cadre de la conduite d'un véhicule, au travail et pendant la grossesse ;
Alarmée de constater l'étendue des problèmes de santé publique liés à la consommation nocive d'alcool et les tendances faisant état d'une consommation dangereuse, en particulier chez les jeunes, dans de nombreux États Membres ;
Reconnaissant que l'intoxication alcoolique est associée à des comportements à haut risque, y compris la consommation d'autres substances psychoactives et les rapports sexuels non protégés ;
Préoccupée par la perte économique pour la société qu'entraîne la consommation nocive d'alcool, y compris les coûts pour les services de santé, le système de protection sociale et le système de justice pénale, la perte de productivité et le ralentissement du développement économique ;
Consciente des menaces que font peser sur la santé publique les facteurs qui ont suscité une augmentation de l'offre et de l'accessibilité des boissons alcoolisées dans certains États Membres ;
Notant que les stratégies et les mesures destinées à combattre les méfaits de l'alcool font chaque fois plus la preuve de leur efficacité ;
Considérant que les individus devraient pouvoir prendre pour eux-mêmes des décisions positives radicales au sujet de problèmes tels que la consommation d'alcool ;
Prenant dûment en considération les sensibilités religieuses et culturelles d'un nombre considérable d'États Membres au sujet de la consommation d'alcool, et
soulignant que le mot « nocif » dans la présente résolution fait référence uniquement aux effets de la consommation d'alcool sur la santé publique, sans préjuger en aucune manière des croyances religieuses et des normes culturelles ;
1.
PRIE les États Membres :
1)
d'élaborer des stratégies et des programmes efficaces pour atténuer les conséquences sanitaires et sociales négatives de l'usage nocif de l'alcool, de les mettre en oeuvre et de les évaluer ;
2)
d'encourager tous les groupes sociaux et économiques concernés, y compris les organisations scientifiques, professionnelles, non gouvernementales et bénévoles, le secteur privé et les associations de la société civile et de l'industrie, à se mobiliser et à participer activement et utilement aux mesures prises pour réduire l'usage nocif de l'alcool ;
3)
d'aider le
Directeur général à exécuter les activités ci-dessous, y compris, au besoin, par le biais de contributions volontaires d'États Membres intéressés ;
2.
PRIE le Directeur général :
1)
de renforcer les moyens dont dispose le Secrétariat pour aider les États Membres à suivre l'évolution des problèmes liés à l'alcool et d'enrichir la somme de données scientifiques et empiriques qui attestent l'efficacité des politiques ;
2)
d'envisager d'intensifier la coopération mise en oeuvre à l'échelle internationale pour réduire les problèmes de santé publique liés à l'usage nocif de l'alcool et de mobiliser le soutien nécessaire aux niveaux mondial et régional ;
3)
d'envisager aussi de conduire des études scientifiques supplémentaires sur différents aspects de l'impact éventuel de la consommation d'alcool sur la santé publique ;
4)
de faire rapport à la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé sur les stratégies et interventions fondées sur des données factuelles en vue de réduire les méfaits de l'alcool, avec notamment un bilan complet des problèmes de santé publique provoqués par l'usage nocif de l'alcool ;
5)
d'élaborer des recommandations en vue de l'adoption de politiques et d'interventions efficaces pour réduire les méfaits de l'alcool et de mettre au point des outils techniques susceptibles d'aider les États Membres à exécuter et évaluer les stratégies et programmes recommandés ;
6)
de renforcer les systèmes mondiaux et régionaux d'information en poursuivant la collecte et l'analyse de données sur la consommation d'alcool et ses conséquences sanitaires et sociales, en fournissant un soutien technique aux États Membres et en encourageant des travaux de recherche là où de telles données ne sont pas disponibles ;
7)
de promouvoir et soutenir des activités mondiales et régionales destinées à détecter et prendre en charge les troubles liés à l'alcool dans le cadre des soins de santé et à donner aux professionnels de la santé les moyens de mieux combattre chez leurs patients les problèmes liés à des modes nocifs de consommation d'alcool ;
8)
de collaborer avec les États Membres, les organisations intergouvernementales, les professionnels de la santé, les organisations non gouvernementales et les autres partenaires intéressés pour promouvoir la mise en oeuvre de politiques et de programmes efficaces contre l'usage nocif de l'alcool ;
9)
d'organiser des consultations ouvertes avec les représentants des secteurs de l'industrie, de l'agriculture et du commerce afin de limiter l'impact sur la santé de l'usage nocif de l'alcool ;
10)
de faire rapport à la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé, par l'intermédiaire du
Conseil exécutif, sur les progrès accomplis dans l'application de la présente résolution.
(
Neuvième séance plénière,
25 mai 2005 –
Commission B, quatrième rapport)
Document A58/18.
Organisation mondiale de la Santé.
Rapport sur la santé dans le monde, 2002 – Réduire les risques et promouvoir une vie saine. Genève, 2002.
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